Les Carnets Langevin est une revue en ligne collaborative de pensée marxiste consacrée aux sciences, aux techniques, à l'éducation, à l'écologie et aux formes contemporaines du travail.
Elle part d'un constat simple : les grandes transformations matérielles de notre époque — bouleversements climatiques, mutations technologiques, crise de l'école, recomposition du travail scientifique et technique, numérisation, intelligence artificielle, industrie, énergie — sont trop souvent abandonnées à ceux qui les pensent depuis le point de vue du capital, de l'expertise dominante ou de la gestion administrative du monde.
Nous voulons au contraire contribuer à les penser depuis le point de vue du travail, de l'émancipation et de la lutte des classes.
Les textes publiés ici pourront prendre des formes diverses : articles de fond, notes de lecture, interventions courtes, traductions, entretiens, dossiers thématiques ou analyses de l'actualité scientifique, technique et éducative. La revue se veut exigeante sans être académique, accessible sans être simplificatrice, politique sans renoncer à la précision.
Pourquoi cette revue ?
Le mouvement communiste s'est historiquement construit avec une ambition immense : comprendre le monde pour le transformer. Cette ambition impliquait nécessairement de prendre au sérieux les sciences, les techniques, l'école, la production, l'organisation du travail et les conditions matérielles de l'existence.
Pourtant, force est de constater qu'une partie du mouvement communiste s'est progressivement détachée de ces questions. Trop souvent, les débats sur la technique, l'écologie, l'enseignement, la recherche, l'industrie ou le travail scientifique sont laissés à d'autres : experts libéraux, technocrates, écologistes dépolitisés, entrepreneurs de l'innovation ou commentateurs fascinés par les promesses abstraites du progrès.
Ce retrait a un coût politique. Lorsque nous ne sommes pas audibles sur ces questions, nous laissons croire que le capital serait seul capable de penser la modernité, l'industrie, la science ou l'avenir technique. Nous abandonnons une partie du réel à nos adversaires.
Les Carnets Langevin veulent participer, modestement, à un travail de remédiation.
Notre classe doit être représentée dans son intégralité. Elle ne se réduit ni à une image figée de l'ouvrier industriel, ni à une sociologie abstraite du salariat. Elle rassemble des travailleuses et travailleurs de production, d'exécution, de soin, d'enseignement, de recherche, de conception, de maintenance, d'organisation, de calcul, d'ingénierie, de transmission et de création. Elle inclut les ouvriers, les employés, les techniciens, les enseignants, les ingénieurs, les cadres scientifiques, les personnels administratifs, les chercheurs, les travailleuses et travailleurs précaires, et toutes celles et ceux dont l'activité fait tenir matériellement la société.
Penser la technique, les sciences, l'éducation et l'écologie depuis un point de vue marxiste, ce n'est donc pas ajouter quelques thèmes spécialisés à côté de la lutte sociale. C'est reprendre possession de ce qui organise concrètement nos vies : produire, apprendre, transmettre, soigner, mesurer, réparer, calculer, construire, habiter, transformer.
Il ne s'agit pas de célébrer naïvement le progrès technique, ni de le rejeter comme une fatalité étrangère aux peuples. Il s'agit de poser la seule question vraiment politique : qui maîtrise les forces productives, dans quel but, et au service de quelle société ?
Pourquoi Langevin ?
Le nom de Paul Langevin s'est imposé comme une évidence.
Physicien majeur, pédagogue, intellectuel engagé, Paul Langevin incarne une figure rare : celle d'un savant qui ne sépare pas la connaissance de ses conditions sociales, l'enseignement de l'émancipation, ni la science du combat politique. Son nom est attaché à des travaux scientifiques de premier plan, mais aussi à une certaine idée de la culture commune, de l'école et du rôle social du savoir.
Langevin fut également communiste. Non pas au sens décoratif d'une simple sympathie intellectuelle, mais comme savant engagé dans les combats de son temps, convaincu que la science ne devait pas rester l'affaire d'une élite séparée du peuple.
Le choix de son nom ne relève donc pas du hommage patrimonial. Il désigne une orientation : renouer avec une tradition où l'exigence scientifique, l'éducation populaire et la perspective communiste ne s'opposent pas, mais se renforcent.
Langevin rappelle que les savoirs ne sont pas neutres lorsqu'ils sont arrachés à la société qui les produit. Il rappelle aussi qu'ils peuvent devenir des instruments d'émancipation lorsqu'ils sont mis en commun.
C'est dans cet esprit que nous voulons inscrire cette revue.
Pour aller plus loin
Les Carnets Langevin ne prétendent pas remplacer les organisations, les journaux, les syndicats ou les espaces militants existants. La revue n'est affiliée à aucun parti ni à aucune organisation. Elle se veut un espace de contribution, de réflexion et de circulation des idées.
Pour suivre l'actualité depuis un point de vue marxiste, nous invitons à lire Liberté Actus.
Nous affirmons aussi qu'aucune transformation sociale sérieuse ne peut se passer de l'organisation collective. Penser, écrire, discuter et critiquer sont nécessaires ; s'organiser l'est tout autant.
Quelques espaces utiles :
Nous suivre
Pour suivre les publications, les annonces d'articles et les contenus associés à la revue :